lundi 5 décembre 2016

Ma cage de farfadet































Pour ceux qui ne comprennent pas mon titre parce qu'ils ont oublié leurs cours de physique: clic





J'ai régulièrement, depuis le départ de mon père vers ce monde que l'on dit meilleur, de longs trajets à faire en voiture. C'est ainsi : il arrive dans la vie que l'on doive assumer des choix qui ne sont pas les siens. Mon père avait voulu se retirer dans un village perdu. Il en aimait la sauvagerie authentique.  Le côté « pas pratique pour deux sous et surtout pour ma mère »  il n'y avait pas vraiment songé...
Un jour, promis, je vous parlerai de ce joli coin du bout du monde. 
Vous me connaissez, lecteurs chéris : je repeins de couleurs chaudes tous les désagréments de l'existence en les imbibant de bonnes couches d'ions positifs.
Quitte à dévorer du kilomètre, autant que ce soit agréable. Déjà que ce n'est pas très écologique...En ce moment, tant pis, pas de blabla car j'ai besoin de solitude...
Ma petite auto, c'est mon petit cocon de méditation, ma salle de concert, mon cours de répétition de chant: je n'ai jamais aussi bien chanté qu'en voiture, mieux encore que sous la douche. Je peux y dormir, en chien de fusil sur la banquette arrière, j'y ai quelques provisions de survie, une bouteille d'eau fraîche. J'ai l'impression un peu idiote et complètement irrationnelle d'être protégée et que rien ne peut m'arriver. Même sous de gros orages tout noirs comme il en tombe souvent en montagne. Je me sens à l'abri dans ma cage de farfadet. J'y souris en écoutant les chroniques de Guillaume Meurice, et j'y ai le blues en écoutant la guitare langoureuse et chaude de Mark Knopfler.
L'autre jour, j'y pense, il m'est quand même arrivé une drôle d'aventure. J'étais donc en voiture et...
¸¸.•*¨*• ☆

(à suivre)




Musique:The Notting Hillbillies/ Mark Knopfler - Your own sweet way 

vendredi 2 décembre 2016

Le point bleu pâle

Sous-titre : et si les hommes arrêtaient de se pourrir la vie?


Cliquez sur la photo pour accéder à la video




C'est ici. C'est notre foyer. C'est nous. Sur lui se trouvent tous ceux que vous aimez, tous ceux que vous connaissez, tous ceux dont vous avez entendu parler, tous les êtres humains qui aient jamais vécu. Toute la somme de nos joies et de nos souffrances, des milliers de religions aux convictions assurées, d'idéologies et de doctrines économiques, tous les chasseurs et cueilleurs, tous les héros et tous les lâches, tous les créateurs et destructeurs de civilisations, tous les rois et tous les paysans, tous les jeunes couples d'amoureux, tous les pères et mères, tous les enfants plein d'espoir, les inventeurs et les explorateurs, tous les professeurs de morale, tous les politiciens corrompus,toutes les « superstars », tous les « guides suprêmes », tous les saints et pécheurs de l'histoire de notre espèce ont vécu ici, sur ce grain de poussière suspendu dans un rayon de soleil. 

La Terre est une toute petite scène dans une vaste arène cosmique. Songez aux fleuves de sang déversés par tous ces généraux et ces empereurs afin que nimbés de triomphe et de gloire, ils puissent devenir les maîtres temporaires d'une fraction d'un point. Songez aux cruautés sans fin imposées par les habitants d'un recoin de ce pixel sur d'indistincts habitants d'un autre recoin. Comme ils peinent à s'entendre, comme ils sont prompts à s'entretuer, comme leurs haines sont ferventes. Nos postures, notre propre importance imaginée, l'illusion que nous avons quelque position privilégiée dans l'univers, sont mis en question par ce point de lumière pâle. Notre planète est une infime tache solitaire enveloppée par la grande nuit cosmique. Dans notre obscurité - dans toute cette immensité - il n'y a aucun signe qu'une aide viendra d'ailleurs nous sauver de nous-mêmes. La Terre est jusqu'à présent le seul monde connu à abriter la vie. Il n'y a nulle part ailleurs, au moins dans un futur proche, vers où notre espèce pourrait migrer. Visiter, oui. S'installer, pas encore. Que vous le vouliez ou non, pour le moment c'est sur Terre que nous prenons position. 

On a dit que l'astronomie incite à l'humilité et fortifie le caractère. Il n'y a peut être pas de meilleure démonstration de la folie des idées humaines que cette lointaine image de notre monde minuscule. Pour moi, cela souligne notre responsabilité de cohabiter plus fraternellement les uns avec les autres, et de préserver et chérir le point bleu pâle, la seule maison que nous ayons jamais connue.  

Carl Sagan, Pale Blue Dot: A Vision of the Human Future in Space.

mardi 29 novembre 2016

L'os thé aux pattes




L'autre nuit, j'ai rêvé que deux mignons z'animaux, à vous donner envie de devenir définitivement végétariens,  me regardaient avec leur petite tronche de cake. Et le plus drôle, c'est que je leur ai répondu ...


 *


- On peut t'aider, Célestine ? On peut faire quelque chose pour toi ?
- C'est adorable ! Figurez-vous, mes petits pelucheux, que je me demande comment répondre à cette question quand mes amis me la posent... Et en ce moment, c'est souvent. 
On les sent comme vous, impuissants, désolés. Ils ont un peu votre frimousse fondante et craquante. Ils aimeraient m'aider, mais ils ne savent pas comment. Et moi non plus d'ailleurs, je ne sais que leur dire...Souvent c'est ça dans la vie... Il y a des choses devant lesquelles on est seul. Tel Chateaubriand dans la brume ou Napoleon devant Waterloo...
- Enfin, nous on dit ça, mais on sait bien que tu as eu du chagrin, et plein de soucis et qu'il faut que tout ça s'évacue...
- Oh mais ça s'évacue, croyez-moi : le corps est comme un gros essuie-tout absorbant , ou plutôt une éponge naturelle, et quand elle est pleine,  il lui faut s'essorer, exprimer les liquides pleins de miasmes, se refaire une santé...
- C'est joli comme périphrase...
- C'est pas une périphrase, c'est une métaphore !
- Ne vous disputez pas, mes boules de poils adorées ! Vous n'allez pas jouer les porte-flingues d'Audiard ! Bon enfin, pour votre gouverne  ( j'adore l'expression !) j'ai décidé d'aller voir un ostéopathe...
- Un os thé aux pattes ? Mince alors, étonnant ! Superbe idée ! Euh ...Qu'est-ce que c'est  ?
- Un gentil monsieur qui va me remettre en circulation comme une vieille bagnole après un contrôle technique ! Je l'ai choisi parce qu'il pratique la méthode Poyet. Une méthode douce pour retrouver de l'énergie, et ne plus avoir le corps comme un champ de mines ou de poireaux ravagés par les sangliers.
Rien que de l'imaginer, cet énergéticien aux mains douces, déjà, je vais mieux. Je visualise positivement.
- Oui c'est comme moi, je pense à une belle carotte bien fraîche !
- Pardon, parle pour toi, moi je visualise plutôt une souris bien croquante pour me mettre en appétit...
- Vous avez pigé l'idée, mes petits coton-tiges ! Quand la vie fait du sur-place, il est bon de visualiser l'instant où elle va redémarrer en trombe. Je sens que c'est pour bientôt.

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PS: si vous vous êtes surpris à esquisser un sourire en lisant ce billet, vous êtes prêts pour la visualisation positive. Si c'est pas une bonne nouvelle, ça... !
Et pour ceux qui voudraient re-re-revoir les porte-flingues d'Audiard...